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Ça coince ! (10)

Publié le par Yv

Gusse, François Barberousse, Éd. Marivole, 2012

Gusse est un jeune homme au début de la guerre 14/18. Comme ses copains de son village de Sologne, il part sur le front. Quatre ans après la fin du conflit, quatre ans également après la mort de Gusse, son ami, le fils de l'instituteur du village, à l'occasion de l'inauguration du monument aux morts se rappelle sa dernière conversation avec Gusse, avant qu'il ne reparte et ne se fasse tuer.

Étonnant parcours que celui de ce livre. François Barberousse commence à faire parler de lui au milieu des années 30 avec deux romans parus à la NRF Gallimard. Puis, il écrit celui-ci en 38/39, qui ne pourra pas être publié en temps de guerre. Après la guerre, le résistant F. Barberousse renonce à écrire et c'est donc 73 après que son roman est publié pour la première fois. C'est un roman qui peut plaire mais qui moi m'a dérouté par plusieurs aspects :

- l'écriture un rien datée et marquée, avec des expressions régionales nombreuses peu compréhensibles

- un nombre important d'intervenants qui sont parfois nommés par leurs noms, mais aussi par leurs surnoms ou diminutifs : je m'y perds !

Pas pour moi, mais je ne doute pas qu'il puisse trouver son public.

 

Petite anthologie du bien-mourir, Philippe Martin, Éd. Librairie Vuibert, 2012

"Nul ne peut attendre passivement la faucheuse, la camarde, la voleuse aux pieds noirs... Du moins était-ce cela la conviction de nos aïeux, exhortés à préparer toute leur vie durant leur passage dans l'au-delà. Se développa à cette fin, du XVe au XIXe siècle, une littérature d'un genre aujourd'hui oublié, l'ars moriendi, où l'art de bien mourir. Sermons, livres de piété, manuels pour pèlerins, méthodes pédagogiques, poésies pour les enfants et autres images pieuses proposaient rien moins que d'apprivoiser la mort." (4ème de couverture)

L'introduction au bouquin, assez longue puisqu'elle fait 22 pages est très intéressante, alléchante, parlant de la manière dont on peut appréhender ou se préparer à la mort depuis très longtemps jusqu'à aujourd'hui. Et puis, je tombe sur cette phrase qui fait retomber tout mon enthousiasme : "Pour notre part, nous avons décidé de laisser la parole à des auteurs catholiques. Dans les pages qui suivent, nous avons privilégié ce que nous pouvons nommer une "littérature intermédiaire" ou une "théologie de la piété" ; des textes situés entre les réflexions théologiques ou philosophiques et les pratiques ou les rites." (p.21) Et ben, zut alors. Moi, je voulais, certes des textes catholiques inévitables, mais aussi d'autres religions et d'autres d'auteurs athées. J'aurais préféré avoir une vue globale plutôt qu'un seul point de vue. Dommage !

 

Chamamé, Leonardo Oyola, Éd. Asphalte, 2012

"Perro et le Pasteur Noé sont deux amis, deux pirates de la route qui évoluent dans un univers violent et amoral. Une trahison va briser ce binôme et le premier se retrouve à traquer le second dans la région de la triple frontière. A cette chasse à l'homme se mêlent souvenirs du passé carcéral des deux caïds, rivalités de bandes, personnages secondaires fous furieux et scènes de bagarres d'anthologie dignes des films de Tarantino." (4ème de couverture)

Bon résumé de ce polar qui part à cent à l'heure. Une écriture vive, énergique, musicale tendance affichée : le rock'n'roll. Là où je coince, c'est que je ne sais jamais si je suis dans le passé ou dans le présent, et moi, j'ai besoin de repères tangibles pour m'accrocher à une histoire. Si on me balade d'avant en arrière, de gauche à droite sans me laisser de possibilités de me retrouver, on me perd ! Dans la vie courante, je n'ai absolument pas le sens de l'orientation (et pourtant j'ai circulé 8 ou 9 heures par jour pendant plus de dix ans, c'est dire les angoisses), c'est un peu pareil dans mes lectures, j'ai besoin d'une base claire. C'est fort dommage car un récit un tantinet plus linéaire m'eût agréé davantage. Parfois, ça marche, parfois ça coince. Là, ça coince malgré les qualités du bouquin et une playlist vraiment alléchante !

 

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Guillome 20/11/2012 13:01

un roman qui décoiffe. Alors oui, des fois on est perdu, mais au bout d'un moment, j'ai préféré me laisser porter au risque de m'arrêter trop souvent pour perdre le rythme.

Yv 20/11/2012 16:35



Tu parles de Chamamé sûrement, c'est sans doute la meilleure solution que tu as adoptée. Moi, je prends un livre, le repose souvent le reprend parfois juste pour 10 minutes etc, etc



zarline 17/11/2012 20:44

Le deuxième a attiré mon attention... enfin, je pensais l'offrir à mon beau-frère qui est sociologue spécialiste de la mort (ha ha, ça ne s'invente pas, et oui, il est payé pour faire ça, et oui,
sinon c'est quelqu'un de normal et de très sympathique). Mais alors le côté religieux, ça ne passerait pas du tout du tout. Ils auraient dû le notifier plus clairement sur la couverture, non?

Yv 18/11/2012 15:44



Oui, la couverture est assez vague sur le sujet et c'est dommage. Je n'ai rien contre la religion (quoique...) mais j'aurais aimé plus de diversité. Par contre, il y a longtemps, j'ai lu
Croquemort, une thèse de Julien Bernard qui pourrait intéresser ton beauf  (http://lyvres.over-blog.com/article-36578599.html)



kathel 16/11/2012 20:00

En ce moment, il y en a tellement qui coincent que je ne parle même pas de tous... Si je ne dépasse pas 50 pages, (si, si, ça arrive !) je n'ai pas grand chose à dire. Mais merci de nous prévenir
de tes blocages, ça rend plus circonspect !

Yv 17/11/2012 14:26



Ceci dit, ça n'engage que moi



Gwenaëlle 16/11/2012 15:13

C'est ta petite série noire à toi, on dirait... J'ai eu la mienne pendant les vacances. Alors là, je passe sans regrets...

Yv 17/11/2012 14:24



Disons que j'ai eu des envois intempestifs pour la rentrée dont certaisn qui ne ma plaisent pas, mais comme ce sont des envois, j'en parle



keisha 16/11/2012 13:43

Pour le premier, je peux te traduire? J'suis du coin, asteure!

Yv 16/11/2012 14:36



Le travail est considérable