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Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil

Publié le par Yv

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami, Belfond, 2002 (traduit par Corinne Atlan)

Hajime nait le 7 janvier 1951. Fils unique, il a du mal à se faire des amis, jusqu'à ce qu'arrive dans sa classe Shimamoto-san, une fille unique. Ils deviennent très amis, passent beaucoup de temps ensemble. Ils découvrent ensemble la musique, les premiers frissons amoureux, mais sont obligés de se séparer lorsqu'ils ont douze ans. Vingt cinq ans plus tard, Hajime est marié à Yukiko, père de deux petites filles et patron de deux clubs de jazz très en vue à Tokyo. C'est à ce moment que ressurgit Shimamoto-san, réveillant en Hajime tout les sentiments qui sommeillaient depuis ces longues années. 

Bon, me voilà bien embêté pour parler de mon premier Haruki Murakami. Mitigé ? Dubitatif ? Perplexe ? Un peu tout cela, ce qui me paraît normal, puisque en gros, tous ces mots ont le même sens. La première partie (les 70 premières pages) qui décrit la vie de Hajime, monotone, ennuyeuse est tellement bien faite que moi-même je m'y suis profondément ennuyé. Quel talent H. Murakami ! Faire ressentir à ce point à ses lecteurs ce qu'il tente de décrire ; du grand art ! En fait, je me demande à quoi servent ces pages : elles sont inodores, incolores, sans saveur. 

Heureusement la suite sans s'emballer, est plus intéressante : Hajime dont on peut dire qu'il a réussi ne parvient pas à vraiment vivre dans le présent se remémorant sans cesse les moments passés avec Shimamoto-san et avec Izumi, sa première petite amie qu'il a dû quitter précipitamment. Il a quelques coups de cafard, de questionnements qui l'empêchent d'avancer :

"Je n'avais pas envie de retourner chez moi. Je téléphonai à ma femme, lui dis que j'avais encore des affaires à régler et que je rentrerais plus tard que d'habitude. J'éteignis toutes les lumières et continuai à boire du whisky dans le noir. Je le bus sec, c'était trop compliqué d'aller chercher des glaçons." (p.85)

Entre tergiversations, questionnements, apitoiements, Hajime n'avance pas et moi non plus qui reste planté dans ce livre avec la sensation de lire des mots qui s'enchaînent en faisant des phrases (c'est le but d'un livre me direz-vous) que je ne comprends pas ou plutôt auxquelles je ne trouve qu'un intérêt très limité. Je ne peux pas dire non plus que l'écriture m'aie scotché. Très simple, ni désagréable ni enthousiasmante, neutre quoi ! Quelques scènes un peu chaudes (gentiment, rien de grivois ou de vulgaire, neutralité oblige !) pour finir d'emballer le lecteur ou la lectrice et hop, le tour est joué.

Je ne doute pas que ce livre ait trouvé nombre d'amateurs (trices) tant j'entends parler de cet auteur depuis un moment. Son éditeur ne dit-il pas de lui que c'est "une pop-star littéraire au Japon", et qu'il "est devenu un auteur culte dans le monde entier." (4ème de couverture) ? Ça y est les gros mots sont lâchés : "auteur culte", ce qui personnellement me ferait plutôt fuir. De fait, si j'ai lu ce roman, c'est dans le cadre du club de lecture de la Bibliothèque Municipale dont le prochain thème est la littérature asiatique. Sans cela, je ne sais pas si j'aurais ouvert les pages de ce bouquin, qui, sans être inintéressant est bien trop dilué, avec de longues répétitions. Peut-être H. Murakami aurait-il dû en faire une nouvelle ? Enfin, c'est juste un conseil ! Mais je doute d'avoir un jour un remerciement de l'auteur ! Quelle ingratitude ces "pop-stars", ces "auteurs cultes" !

Envie d'autres avis ? Babelio est là !

Commenter cet article

Violette 07/12/2012 10:50

Murakami et moi... ça ne colle pas. Même Kafka sur le rivage ne m'a pas enchantée, contrairement à la majorité des lecteurs.

Yv 07/12/2012 11:23



Je crains que lui et moi ne fonctionnons comme lui et toi...



cathe 01/12/2012 11:30

Je suis allée chercher mon commentaire d'alors, car je ne m'en souvenais pas exactement... Il est plus positif que toi mais je n'en ai plus beaucoup de souvenir, c'est mauvais signe...

"Murakami excelle dans la narration des sentiments les plus délicats et dans les problèmes de communication entre les êtres. Les retrouvailles sont peut-être un peu trop "cinématographiques" (un
soir de pluie, dans un bar de jazz…) pour qu'on y croie complètement, mais on se laisse prendre à ce "Un homme, une femme" japonais."

Yv 01/12/2012 17:51



quand il ne nous reste pas de souvenir nid'image, c'est effectivement mauvais signe.



keisha 01/12/2012 07:25

800 pages (de mémoire) . Oui, ça calme.

Yv 01/12/2012 10:23



A oui, quand même ! Là, je renâcle devant l'obstacle



keisha 30/11/2012 13:34

Ta critique me rappelle mes impressions à la lecture de 1984 (tiens oui, je n'ai pas lu le tome 3, comme quoi ce n'est pas indispensable?)
Sinon, j'ai été bluffée par Chroniques de l'oiseau à ressort, si ça te dit de le lire...

Yv 30/11/2012 14:17



On ne sait jamais, un jour où je n'ai rien d'autre à lire...



sylire 30/11/2012 13:33

J'ai bien aimé celui-ci mais comme Alex je préfère de loin "Kafka sur le rivage" que j'ai adoré !

Yv 30/11/2012 14:16



Je note , mais je ne suis pas sûr de le lire ; si l'occasion se présente, pourquoi pas ?



Alex-Mot-à-Mots 30/11/2012 09:13

Je n'avais pas été emballé non plus : trop de jazz. Je t'aurais conseillé "Kafka sur le rivage".

Yv 30/11/2012 13:26



C'est celui que la BM propose à la lecture, j'essaierai peut être ta suggestion plus tard.