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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

658

658_poche_john_verdon.jpg658, John Verdon, Livre de poche, 2012 (Grasset, 2011)

Dave Gurney est un flic à la retraite. Après avoir arrêté les tueurs les plus retors pendant ses vingt-cinq années de carrière, il profite maintenant de son repos pour s'adonner à une pratique artistique consistant à retoucher des photos de criminels. Il reçoit un jour un mail d'un de ses anciens camarades étudiant qu'il n'a pas revu depuis très longtemps, Mark Mellery. Celui-ci, sorte de gourou pour dépressifs riches, fait appel à Dave parce qu'il est menacé. Il a reçu plusieurs courriers intrigants qui commencent à l'effrayer. Dave se prend au jeu, mais l'enquête se révèle beaucoup plus énigmatique et sanglante que prévue.

Au risque de passer pour un ignare en matière de polar -je n'en suis pas très loin, je l'avoue humblement- voire un benêt en matière d'énigme ou de goûts littéraires, j'ai beaucoup aimé ce thriller ! Mon préambule vaut parce qu'avant d'écrire ce billet je suis allé voir ce que les autres lecteurs-blogueurs en pensaient -ce que je ne fais que très très rarement. Et j'ai vu de tout :  des emballé(e)s, des mitigé(e)s et des franchement ronchons (voir sur Babelio notamment).

J'ai été embarqué dès le départ et jusqu'au bout (même si je concède que les dernières pages, celles de dénouement sont vraiment "cliché"). L'intrigue est énigmatique : un tueur envoie un courrier à l'une de ses futures victimes lui demandant de penser à un nombre et dans ce même courrier est glissé un billet dans une petite enveloppe sur lequel est inscrit le nombre auquel la victime à réellement pensé, celui qui donne au livre son titre, 658 ! Mais comment est-il réalisable ce tour de divination ?

Le reste de l'intrigue est à l'avenant, original et bien mené. Ce gros polar de 573 pages dans sa version Livre de poche (merci Marie) ne m'a jamais ennuyé. Et c'est un exploit !

Tout repose sur le principe énoncé par Sherlock Holmes ou Rouletabille : trouver "le bon bout de la raison", autrement dit : éliminer ce qui est impossible et le possible est alors la vérité, 

"Calme-toi, Jack. Il faut qu'on trouve un point de départ qui ait un sens. Ce qui semble s'être produit n'a pas pu se produire. Par conséquent, ce qui semble s'être produit ne s'est pas produit." (p.184)

Ce que d'aucuns peuvent juger un point faible, à savoir la lenteur du récit, est tout le contraire pour moi. J'aime bien lorsque l'enquête et l'enquêteur prennent leur temps. Je ne suis pas fan des thrillers hémoglobineux qui vont à deux cents à l'heure sans souci de la moindre réalité -même si parfois, j'en lis sans aucun scrupule et même pas en cachette Là, Dave Gurney est bien obligé de prendre son temps. Parce qu'il réfléchit Dave, et c'est même sa spécialité : relier entre eux tous les indices pour en dégager une théorie fiable autant que faire se peut, puis réussir ensuite à formuler LA réponse évidente, celle qui ne peut qu'être la réalité. Cela en fait un flic un peu hors norme, loin des flingueurs. C'est celui qui met la touche finale.

En prime, la vie conjugale de D. Gurney est en jeu, sa relation avec sa femme Madeleine est questionnante et peut-être pas aussi solide qu'il le pense. Elle se pose beaucoup de questions sur sa vie de femme de flic -peut-être quelques stéréotypes- et c'est ce qui rend ce récit crédible et les personnages humains, ce qui facilite l'identification du lecteur. A mon bémol sur les questions de Madeleine je peux ajouter celui sur les répétitions flagrantes des moindres indices, l'auteur prenant sans doute son lecteur pour un malade d'Alzheimer à qui il faut tout redire sans cesse, mais bon, il fait cela plutôt habilement et dans ma grande bonté, je lui pardonne.

En résumé, pour moi, un très bon polar qui fera très bien sur la plage cet été (en poche, il n'est pas trop lourd à placer dans le fond du sac). Cependant, une dernière question -extrêmement importante, que dis-je, essentielle à la bonne compréhension du roman- me turlupine : l'auteur parle souvent de "l'odeur humide de la neige" (p.296), la neige a-t-elle une odeur ? N'habitant pas dans une région connue pour ses chutes de neige abondantes, je croyais à sa consistance inodore et sans saveur. John Verdon -ou des lecteurs du blog-réussira-t-il à me convaincre du contraire ?

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Alex-Mot-à-Mots 29/06/2012 14:42

Il m'attends dans ma PAL, tant pis pour le poids.

Yv 01/07/2012 14:36



On peut encore le porter sans souci, et puis lu, il fera baisser ta PAL nettement



Isa 26/06/2012 14:46

J'avais beaucoup aimé ce premier roman même si on n'échappait pas à quelques clichés. J'ai lu son deuxième il y a quelques semaines et là je suis vraiment complètement conquise.

Yv 27/06/2012 14:12



merci de ton avis, je note donc le second roman de John Verdon



zazy 24/06/2012 14:02

Pour l'odeur de la neige : tout dépend du parfum que tu as mis dans tes oeufs.... à la neige !!!!

Yv 24/06/2012 19:59



Bien vu...



Lystig 24/06/2012 09:07

je te dirais que cela sent la neige !
rien, ça sent le frais !

Yv 24/06/2012 19:59



Merci pour cette précision



kathel 23/06/2012 12:55

Je pense que je pourrais aimer cette enquête... Quant à la neige, elle ne devrait pas avoir davantage d'odeur que l'eau, non ?

Yv 23/06/2012 14:04



A priori non, c'est pourquoi je me pose cette question existentielle



armelle 23/06/2012 12:32

merci pour ce nouvel article; mon blog: http://petits-livres-entre-amis.overblog.com

Yv 23/06/2012 14:03



Merci de ta visite, je vais passer te voir



keisha 23/06/2012 11:47

Je fais partie de ceux qui ont aimé (mêem en reconnaissant que le serial killer obéissait à tous les clichés) mais baste!

Yv 23/06/2012 14:01



Oui, j'ai vu que nous étions au moins deux à avoir apprécié, malgré les grosses ficelles



Ys 23/06/2012 08:59

Se prélasser sur la plage en s'interrogeant sur l'odeur de la neige, quel paradoxe :-)

Yv 23/06/2012 14:00



Paradoxe que je n'ai même pas relevé en l'écrivant. comme quoi, je ne suis pas à ça près...



Lystig 23/06/2012 08:35

en ce qui concerne la neige, je te renvoie à "Smilla ou l'amour de la neige" (le livre) (le film, je ne sais pas, pas vu), où l'héroïne mène l'enquête à Copenhague en hiver, ave de la neige. Chez
elle (= Groenland, comme un T.O.M. danois), il existe cinquante mots pour la neige !
et il est vrai que la neige peut être épaisse, légère, lourde, humide, atténuant les bruits et quant aux odeurs, elle les rend... différentes !

Yv 23/06/2012 14:00



Certes, mais l'odeur de la neige ?