On est toujours trop bon avec les femmes

Publié le par Yv

On est toujours trop bon avec les femmes, Raymond Queneau, Gallimard, 1947
Dans ce livre originellement écrit sous le pseudonyme de Sally Mara et traduit soit-disant par Michel Presle, Raymond Queneau nous livre une partie de l'insurrection nationaliste irlandaise à Dublin, en 1916. Sept nationalistes investissent un bureau de poste, le vident de ses occupants et s'apprêtent à soutenir le siège. Une employée anglaise, Gertie Girdle est restée bloquée dans les lavatories et va devenir un souci pour les assiégeants. Réussiront-ils à se conduire en gentlemen ?
Du Raymond Queneau tout craché, humour british -et irish, voire même "Dublinese", précision adjectivale apportée à la demande d'un commentaire d'un lecteur irlandais (voir les commentaires de Sean du 09/04/2010)- en prime. Ceux qui adorent ne seront pas dépaysés, sauf peut-être à aborder le côté sensuel et érotique de l'écriture de l'auteur. Il y déforme toujours les mots, notamment bien sûr ceux d'origine anglaise : par exemple, il écrit du ouisqui, comme dans un autre livre il écrit ouiquende, sans guillemets, bien entendu. Il en invente d'autres et se plait à placer des anachronismes.  J'adore l'écriture quenauenne, j'en redemande même : je la trouve érudite parfois, drôle souvent, décalée et tellement indémodable. Un vrai plaisir comme à chaque fois avec lui que j'aime à nommer l'un de mes auteurs favoris. Et quel titre, mesdames, excusez du peu ! Pour une fois que l'on peut exprimer notre mysoginie naturelle sous couvert de la littérature. Allez, sans rancune ?

Publié dans Roman

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keisha 29/09/2009


Une vraie pépite que tu as découverte là!!! On pardonne le titre, oui... les femmes sont toujours trop bonnes, c'est connu.


Armande 29/09/2009


Après les enfants, les femmes... Quelles vont-être les prochaines victimes ?


alain 29/09/2009


J'adore aussi Queneau..


dasola 30/09/2009


Bonjour, je ne connaissais pas, merci du conseil. Je suis de sexe féminin mais j'aime le titre. Bonne journée.


Bouh 30/09/2009


Le titre m'a fait sourire. Je n'ai jamais rien lu de Queneau. Je commencerai par celui-là quand je m'y mettrai!


Aliénor 01/10/2009


Te voici tagué !
http://tassedethe.unblog.fr/2009/10/01/ce-que-les-livres-disent-de-vous/


Alex-Mot-a-Mots 01/10/2009


Une mysoginie naturelle ?... Tout un programme.


Lapinoursinette 15/10/2009


Ce Queneau me tente bien...comme "Les fleurs bleues" que je n'ai pas lu non plus. Mais je garde un souvenir émerveillé des "exercices de style" lu à 12 ou 13 ans. C'est ce genre de livres qui m'a
définitivement fait aimer les mots et les livres!!


Sean Baite 09/04/2010


humour british!!! Vu que Queneau, en écrivant ce roman, fait une 'exercise' dans le 'style' de mon dublinois préféré James Joyce... je trouve que votre adjectif est assez mal choisi. humour well
fuckin' Irish plutôt.. C'est que vous n'avez pas compris grande chose à l'arriere plan politico-nationaliste (de l'insurrection de Pâques etc. etc.)


Sean Baite 09/04/2010


Point taken Yv...désolé si j'ai le ton agressif ou même condescendant... Queneau étant Queneau - je suis d'accord avec vous que son inspiration est plutôt littéraire que politique. Je crois que la
Gertie de son livre doit plus que son prénom à un personnage dans l'Ulysse de Joyce - 'Gertie MacDowell' (jeune fille boiteuse avec l'imagination un peu trop alimenté par les romans à l'eau de rose
qui a droit à une episode entière du chef d'oeuvre joycéen). Mon point sera que Queneau - faisant un pastiche/son hommage à Joyce (qui est bien 'Irish' ou 'Dublinese' et certainement loin d'être
'English' ou 'British') je vous suggere encore un léger changement d'adjectif :-)
Et la Gertie du livre ? Est-elle bien anglaise ? J'ai le souvenir qu'elle est plutôt protestante de Dublin fiancée avec le commandant du 'gunboat' qui bombarde le bureau de poste. Encore des
complications politico-nationalo-identitaire..
Félicitations sur le fait d'avoir porté votre attention sur ce livre/cet auteur.. j'ai toujours aimé Queneau - depuis que j'ai fait son rencontre à travers 'Exercises du style' à la fac, il y a
bien longtemps...


Sean Baite 09/04/2010


Zut - en relisant votre article - je crois que j'ai surtout compliqué votre syntaxe - désolé :-(
N'oubliez pas - pour ceux et celles en manque à la fin de la lecture de 'On est toujours..' vous avez du rab avec 'Le journal intime de Sally Mara' - les deux oeuvres sont publié dans un tome
unique par ?? (j'ai oublié l'editeur - 'L'imaginaire' je crois)