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Maktaaq

Publié le par Yv

Maktaaq, Gildas Guyot, In8, 2020

1989, banlieue de Los Angeles, Seth, la vingtaine vivote grâce à des petits boulots, à l'équipe de baseball des Dodgers dont il est supporter, au canapé familial qu'il est souvent le seul à occuper et au lit de Suzanne, parfois.

Lorsque Ati, son grand-père inuit débarque au volant de sa Chevrolet Impala de 1967, la vie de Seth est en passe de changer à un point qu'il n'imagine point encore.

Deuxième roman de Gildas Guyot après Le goût de la viande. Très différent. Plus classique. Roman initiatique et de transmission d'une culture oubliée, phagocytée par la vie à l'américaine, d'un grand-père à son petit-fils.

C'est très bien écrit, l'auteur usant de différents niveaux de langage dans une même phrase : des mots peu usités parfois désuets accolés à des tournures familières ou courantes. Si certains passages peuvent paraître longuets, les suivants font regretter d'avoir douté tant ils sont beaux. Il en est ainsi d'un monologue d'Ati expliquant à son petit-fils l'arrivée de l'homme blanc dans son village inuit, et comment encore une fois cet homme blanc a perverti les locaux, les a soudoyés à coup d'alcool et de cigarettes, leur faisant miroiter les bienfaits de sa civilisation  "... Vois-tu gamin, quand j'étais jeune, mon père m'apprit tout ce que je devais savoir pour mériter ma place, pour pouvoir survivre et faire survivre ma famille sur ces terres gelées. Il m'apprit à pêcher, à chasser, à monter une tente. A pêcher et à chasser et à construire un feu. Ah ça oui. Mais il m'apprit aussi que je devais me méfier de l'homme blanc, de celui qui débarquait avec sa croyance, son fusil... sa croyance, son fusil et ses alcools..." (p.136)

Deux héros attachants, qui, lorsqu'on se demande où l'auteur veut nous emmener, nous accompagnant doucement mais sûrement dans leur voyage sur la route 66.

Certains romans vous font de l'effet en les lisant, effet qui s'estompe plus ou moins rapidement après lecture. D'autres vous font de l'effet en les lisant, effet qui perdure longtemps, voire très longtemps. Ce roman de Gildas Guyot ne m'a pas fait un effet foudroyant pendant ma lecture, même si certaines pages ainsi que je l'exprimais plus haut m'ont touché, mais à peine fini et posé, il continuait à vivre en moi et je pense qu'il est de ces romans qui ne s'effaceront pas de sitôt. Seth et Ati comptent. Quant à la signification du titre, je laisse le soin à l'auteur de l'expliquer, à sa manière, dans les dernières pages.

Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 17/09/2020 15:01

Une lecture qui me dépayserai, je pense.

Yv 18/09/2020 07:16

sans doute

Violette 16/09/2020 11:51

ta petite conclusion suffit à me tenter!

Yv 16/09/2020 16:05

Tant mieux

krol 15/09/2020 19:23

Il m'attend sagement. J'ai lu son premier roman il y a très peu de temps et comme je sais que celui-ci est très différent, je ne vais pas trop tarder à le lire.

Yv 15/09/2020 21:25

Oui, très différent, plus classique sans doute

Luocine 15/09/2020 08:11

C'est vrai que certains romans résonnent plus longtemps que d'autres en nous.

Yv 15/09/2020 12:42

ce qui est le cas de celui-ci