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Le chat d'Oran

Publié le par Yv

Le chat d'Oran, Georges Salinas, Mareuil éditions, 2019...,

Oran, 1961, Antoine Delarocha est flic, surnommé Le Chat. Il s'apprête à appréhender Ahmed Benjelloul supposé être l'un des chefs des terroristes qui menacent les intérêts de la France dans ce pays encore occupé. Le Chat est né en Algérie y a fait toute sa carrière, est marié à une Oranaise et ses enfants sont également nés ici. Ce qu'il sent et qu'il combat c'est la volonté des Algériens de devenir indépendants. Lorsqu'il arrête Ahmed, les Algériens du FLN lui en veulent à lui et sa famille. Antoine Delarocha, malgré les menaces et les risques continue son combat pour ce qu'il croit juste.

Polar sur fond de guerre d'Algérie, un thème qui commence à prendre de l'ampleur dans la littérature française, entre 50 et 60 ans après la fin du conflit. Dans ce roman, on suit Antoine Delarocha, pied noir, et donc sa vision des faits. Même s'il n'est pas un jusqu'au-boutiste, qu'il n'aime pas plus l'OAS que le FLN, il est forcément partisan puisque pour lui l'Algérie doit rester française et que les gens comme Ahmed sont des terroristes ; et puis, il est flic et obéit aux ordres. C'est le point de vue d'un pied-noir qui sent qu'il va devoir bientôt quitter ce pays qu'il aime pour un autre qu'il ne connaît pas. C'est forcément une lecture tronquée, on ne lit rien sur la torture, presque rien sur la vie des Algériens considérés comme des terroristes. Jusqu'à quel point, lorsqu'on défend son pays occupé, est-on un terroriste ou un résistant ? Jusqu'à quel point est-on un occupant, un tortionnaire ou un homme qui défend le pays dans lequel il est né, son mode de vie, sa famille menacée ?

Toutes ces questions m'ont accompagné pendant ma lecture de ce  roman policier, écrit par Georges Salinas, ex-chef-adjoint de la BRI, intervenu avec son équipe, notamment au Bataclan et à l'Hyper Cacher.

Pour le reste, eh bien, c'est un roman qui file vite, qui ne laisse pas de temps mort et qui dresse des portraits d'hommes et de femmes en plein doutes quant à leur proche avenir. Si le travail d'Antoine Delarocha lui prend beaucoup de temps, il n'en oublie ni sa femme ni ses garçons qui sont menacés et qui vivent mal la violence quotidienne. Son enquête prend une nouvelle tournure lorsqu'il est question d'un futur terrible attentat qu'il va tout faire pour déjouer. C'est un roman mené tambour battant, qui m'a tenu compagnie pendant un long voyage en train entre Nantes et Clermont-Ferrand, de presque 7 heures de rail, qui sont donc passées vite. Plutôt une bonne surprise.

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zazy 24/04/2019 13:03

Un nouvel; auteur à découvrir pour moi. Tu es passé près de chez nous

Yv 24/04/2019 15:36

Par le train ? Sans doute, le voyage fut raccourci grâce au livre, mais de toutes façons, j'aime bien le train

Alex-Mot-à-Mots 24/04/2019 12:47

Une lecture qui m'avait accrochée. J'attends la suite, maintenant.

Yv 24/04/2019 15:35

J'espère qu'elle sera aussi bonne

Patrick S. VAST 22/04/2019 08:47

Je vais le lire. Lu tout récemment sur un thème proche, l'excellent "Requiem pour une république".

Yv 22/04/2019 10:01

Un thème qui commence à nourrir la littérature française