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Arc Atlantique

Publié le par Yv

Arc Atlantique, Denis Brillet, Rémanence, 2017....

Quinze nouvelles composent ce recueil. Quinze nouvelles qui ont en commun l'océan Atlantique, soit directement ses eaux, soit les côtes qui le bordent et sur lesquelles on peut l'admirer. 

Une seule de ces quinze nouvelles m'a paru moins pertinente, moins bonne, les quatorze autres m'ont plu. La chute parfois peut suffire à faire passer d'une histoire commune à une histoire qui marque. Mais le plus souvent, c'est l'entièreté des récits qui retient. Denis Brillet fait dans le noir, le sombre, le pas gai. Mais, parfois, l'océan est salvateur et l'espoir est là. 

L'auteur décrit des personnages qui ont des rapports compliqués avec autrui, comme ce locataire d'une maison de vacances qui a hâte que son hôtesse le laisse seul : "Il n'aime pas ses yeux de fouine, ses joues poudrées, ses mains roses et plissées qui virevoltent et soulignent ses paroles de petits gestes agaçants. N'aime pas sa permanente bleutée, son collier de fausses perles, sa grosse robe en lainage vert élimée derrière, ses efforts pour paraître respectable et digne et qui ont gouverné, devine-t-il, toute son existence. N'aime pas." (p.43)

Les personnages de Denis Brillet sont des messieurs ou mesdames Toutlemonde, sans doute pas misanthropes -quoique pour certains, ils s'en approchent-, mais plutôt anthropophobes. Ils aiment vivre seuls ou dans un tout petit comité. Ils sont en proie à des peurs, des questionnements, des angoisses. L'océan leur servira de miroir ou d'interlocuteur, de sauveur. Il pourra les laver, les absoudre, les dynamiser, les attirer, ...

Les nouvelles se suivent et se ressemblent, noires je l'ai dit, réalistes. Denis Brillet est économe en moyens, en effets, va au plus direct en quelques pages sans que le lecteur ne veuille en savoir plus sur les protagonistes, car tout ce qu'il doit savoir est dit. Le reste appartient à chacun.

Très beau recueil, à ne pas forcément lire d'une traite pour les plus sensibles aux situations noires et parfois désespérées, même si l'océan est là.

Ci-dessous, L'océan, version Dominique A (en prime, Eléor, une autre chanson de l'album du même nom) ; deux titres qui collent assez bien à l’ambiance du livre de Denis Brillet.

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