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Les choses

Publié le par Yv

Les choses, Georges Perec, 10/18, 2016 (Julliard, 1965).....

"Dans ce classique de la littérature contemporaine, Georges Perec dresse avec une redoutable justesse le portrait d'une génération prise dans le balbutiement des années 1960. Sylvie et Jérôme, jeunes psychosociologues de classe moyenne, cultivent une idée matérialiste du bonheur, à laquelle ils s'asservissent... au risque de se laisser happer par le vertige des choses." (4ème de couverture)

Mon Perec de l'année, mais comme 2018 débute tout juste, je ne suis pas sûr de m'arrêter à un seul... 

Il me semblait l'avoir lu il y a longtemps mais cette lecture m'a semblé, au fil des pages, une découverte, de toutes façons, relire un Perec ce n'est jamais une erreur ni même une corvée.

Ecrit d'une manière étrangement distanciée, comme un constat, jamais Perec ne donne vraiment l'impression d'entrer dans les questions existentielles ; il fait de ses personnages des jouisseurs, des rêveurs de lendemains meilleurs mais sans efforts à fournir : un fort héritage, un trésor découvert, une reconnaissance financière pour des créations ne demandant pas beaucoup d'implication, ... Et pourtant, très vite cette impression est démentie à travers les rêves matérialistes qui ne se réalisent pas et qui donc posent question et poussent Sylvie et Jérôme à une réflexion.

Si l'époque change, puisque ce texte a un peu plus de cinquante ans, les descriptions des objets et des intérieurs peuvent sembler datées, celles des personnages est diablement moderne. Ce qui tendrait à prouver que malgré le progrès, les avancées technologiques, l'homme rêve toujours de plus et pense que le bonheur s'atteint avec des désirs illimités qui, par définition ne seront jamais assouvis. "Trop souvent, ils n'aimaient, dans ce qu'ils appelaient le luxe, que l'argent qu'il y avait derrière. Ils succombaient aux signes de la richesse ; ils aimaient la richesse avant d'aimer la vie." (p.27). Constat cruel et tellement réel, puisque désormais tout est accessible du moindre clic de souris à condition d'avoir la monnaie, et j'imagine que les dernières fêtes ont été un prétexte à une ruée sur les objets technologiques, les jouets chers, l'acmé d'une consommation à outrance. 

Georges Perec évoque aussi la publicité, puisque ce n'est pas un hasard, Sylvie et Jérôme bossent dans ce domaine, et encore une fois, il fait mouche : "Lorsque, le lendemain, la vie, de nouveau, les broyait, lorsque se remettait en marche la grande machine publicitaire dont ils étaient les pions minuscules, il leur semblait qu'ils n'avaient pas tout à fait oublié les merveilles estompées, les secrets dévoilés de leur fervente quête nocturne. Ils s'asseyaient en face de ces gens qui croient aux marques, aux slogans, aux images qui leur sont proposées, et qui mangent de la graisse de bœuf équarri en trouvant délicieux le parfum végétal et l'odeur de noisette (mais eux-mêmes, sans trop savoir pourquoi, avec le sentiment curieux, presque inquiétant, que quelque chose leur échappait, ne trouvaient-ils pas belles certaines affiches, formidables certains slogans, géniaux certains films-annonces ?)." (p.87/88)

L'écriture est superbe, les phrases longues, comme vous pouvez le constater sur l'extrait précédent -et il y en a de plus longues encore-, à lire en respectant bien les temps de respiration et de pause qu'impose la ponctuation, virgule en tête et en fête. Un texte intemporel, plutôt pessimiste sur la capacité des hommes à être heureux puisque le bonheur semble-t-il n'est pas dans la propriété ni dans la richesse matérielle et que c'est pourtant l'objectif d'une large majorité, qui résonne en tout lecteur actuel, passé et futur. Comme toujours avec Georges Perec, ce court roman est forcément indispensable. 

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Violette 20/01/2018 18:50

Oh bon sang, tu m'as donné envie de le relire! Pérec est un grand parmi les grands, je suis fan!

Yv 21/01/2018 09:29

Je (re)découvre Perec petit à petit et je suis d'accord avec toi, un grand de la littérature française

Hélène 17/01/2018 13:05

j'avais aussi bien apprécié cette lecture !

Yv 17/01/2018 16:43

Perec inimitable

Liliba 17/01/2018 09:42

Si je me souviens avoir aimé ce roman, je n'avais pour autant aucun souvenir de son contenu... Bon, il faut dire que je l'ai lu il y a au moins 25 ans !
Joyeuse année Yv !

Yv 17/01/2018 10:27

Comme quoi c'est bien de relire les bons romans. Bonne année à toi aussi

dasola 16/01/2018 14:42

Bonjour Yv, tu m'as donné envie des ces "Choses". Bonne après-midi.

Yv 16/01/2018 16:09

Bonjour Dasola
Tant mieux, tu m'en vois ravi
A bientôt

Alex-Mot-à-Mots 16/01/2018 13:02

Il faudrait que je le relise....

Yv 16/01/2018 16:08

Bonne résolution

keisha 16/01/2018 08:45

Je ne pense pas l'avoir lu, une grosse erreur! Mis à part La vie mode d'emploi que j'ai abandonné (oui, je sais)(mais c'était gros et lent) j'aime tout ce que j'ai l u de Pérec!

Yv 16/01/2018 16:08

Ah la la, comment as-tu pu abandonner ? Les choses est beaucoup plus court, mais lent

manou 16/01/2018 08:04

Et bien celui-ci il faudrait encore que je le relise ! Dis-donc ça me rajeunit pas tout ça...je ne sais même plus en quelle année je l'ai lu :)

Yv 16/01/2018 16:07

Moi je croyais l'avoir lu, et puis je ne sais plus