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Point de lendemain

Publié le par Yv

Point de lendemain, Vivant Denon, Seuil l'école des lettres, 1993 (première parution, 1777).....

Un jeune homme d'une vingtaine d'années, amant et amoureux d'une comtesse, se retrouve un soir à l'opéra. Dans la loge voisine, Mme de T..., amie intime de la comtesse, demande alors au jeune homme de la rejoindre dans la loge. Puis, elle lui demande de l'accompagner jusque chez son mari, hors de Paris, avec lequel elle dit vouloir se réconcilier après presque dix ans de brouille. Tous les deux se promènent des terrasses au jardin, puis du jardin à un pavillon.

Trouvé tout à fait par hasard dans les rayonnages de la bibliothèque, je ne sais vraiment pas dire ce qui a attiré mon œil vers ce petit ouvrage. Point de lendemain est un court texte d'une quarantaine de pages, suivi dans cette édition de deux autres textes : Voyage historique et pittoresque dans le Royaume des Deux-Siciles et Voyage dans la Basse et la Haute-Égypte pendant les campagnes du général Bonaparte. Ces deux textes sont de moindre importance -à mes yeux seulement-, des récits de voyage et de la campagne d’Égypte de Bonaparte. Je m'attarderai sur Point de lendemain.

Il s'agit d'un conte libertin d'une modernité dans l'écriture assez incroyable, pour preuve, le tout début :

"J'aimais éperdument la comtesse de... ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna : et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes." (p.9)

Alors ? J'avais prévenu. Que certains pseudo-écrivains -je ne donnerai pas de noms- de maintenant en prennent de la graine, l'art de la répétition sans être lourd, celui de la ponctuation. Style haché, franchement, parfait.

Ne connaissant pas l'auteur dont seul le nom apparaît sur la couverture, lorsque je lus ces premières phrases, je crus à un livre récent, et hop, ni une ni deux, dans ma besace. C'est en arrivant à la maison que je l'ouvris et découvris qui était Vivant Denon (1747-1825). Je ne saurais trop conseiller d'abord de se pencher sur son court roman (le seul, ses autres écrits sont des récits tels les deux sus-mentionnés) et ensuite sur sa biographie.

Élégance, style, ce petit roman libertin se lit avec joie et même si l'on est habitué à des textes plus crus, plus directs, il ressort d'icelui une sensualité et un certain émoustillement pour toutes les choses suggérées plus que dites, pour ce libertinage en costume d'époque -non, je ne suis pas fétichiste, mais ça a quand même plus de classe qu'à oilpé en pleine campagne.

Légère lecture qui m'a ravi, elle existe en de multiples éditions, dont certaines très peu onéreuses, n'hésitez pas à découvrir un auteur oublié, en plus, si on réussit à le replacer dans une conversation, ça fait chic et instruit. Que des avantages.

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zazy 02/11/2017 22:52

Mince, il est à bib départementale, mais en CD et je n'aime pas trop ce support. Dommage

Yv 03/11/2017 10:47

Fais une demande d'achat, c'est un bon investissement pour la bibliothèque

manou 02/11/2017 14:52

Les écrits de cette époque sont de petits bijoux littéraires à découvrir donc si je comprends bien tes propos. Ah les comtesses savaient y faire avec leurs longues robes et leurs vapeurs pour tourner la tête des jeunes hommes...Son nom me dit quelque chose et je l'associe à l'art mais bon je vais aller voir sa biographie

Yv 02/11/2017 15:03

Tu as raison, il a beaucoup fait pour Le Louvre. Pour les écrits de l'époque, tous ne sont sans doute pas aussi modernes, mais il y en a sûrement plein d'autres à découvrir

Noukette 02/11/2017 10:52

Voilà une lecture qui m'irait comme un gant ! Merci pour la trouvaille !

Yv 02/11/2017 15:01

et en plus, très courte, tout ce qu'il faut pour plaire

keisha 02/11/2017 08:02

J'ignorais qu'il avait écrit un roman, cet homme (oui, il a une 'aile' au Louvre je crois)

Yv 02/11/2017 08:12

C'est son seul roman

Sandrine 02/11/2017 06:46

Un bain de littérature du XVIIIe fait un bien fou, on mesure l'insipidité de la nôtre... Ah les duchesses, les comtesses à la cuisse légère qui disent avec tant de classe et de circonvolutions leurs désirs et les plaisirs de la vie ! Essai Crébillon : grand bonheur aussi.
Vivant Denon, c'est l'Egypte, c'est le Louvre, c'est l'homme de savoir parfois libertin.

Yv 02/11/2017 08:12

C'est cela, j'avoue mon inculture, je ne le connaissais pas. Crébillon, je le connais, l'une des rues les plus connues de Nantes est la rue Crébillon ;). Je ne sais plus dans quel livre j'ai lu pas mal sur Crébillon père et fils, mais tu as raison, je devrais les lire directement