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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

La voix de Cabo

La voix de Cabo, Catherine Baldisserri, Intervalles, août 2017.....

Uruguay, courant des années 1970, Teresa quitte Montevideo avec Damaso gardien de phare, qu'elle suit jusqu'à Cabo Polonio. Dans ce hameau où sont regroupées des familles de pêcheurs de loups de mer, Teresa crée une école et enseigne à tous les enfants. Machado, un jeune colosse pêcheur analphabète décide après sa première pêche de franchir le seuil de l'école et d'apprendre à lire et écrire.

Dans les mêmes années, dans le pays, les Tupamaros, des révolutionnaires, sont très actifs et organisent leur mouvement qui prend de l'ampleur.

Comme vous pouvez le constater, la couverture -Higland light, de Edward Hopper- est magnifique. Il en ressort une beauté évidente, une douceur en même temps qu'une certaine solitude, une belle lumière dans un paysage assez aride. Un résumé du roman.

C'est une très belle histoire que nous raconte Catherine Baldisserri dans son premier roman. Une histoire avec ses moment de joie mais aussi le chaos, la folie, des moments de furie intense (la pêche au loup de mer), les doutes, la reconstruction, ... Tout y est pour passer un excellent moment. Teresa est une femme forte, un personnage hors norme parce que les événements l'amèneront à se battre et à s'imposer. Elle rencontrera d'autres personnages forts, qui la marqueront et qu'elle marquera, pour qui elle restera celle qui leur a permis de s'ouvrir au savoir, à la culture. Car le roman parle de cela : l'enseignement, la transmission du savoir et l'usage que chacun fait de ce qu'il apprend.

C'est aussi une histoire d'amours -le pluriel, c'est normal et justifié- joliment racontée, dans une belle langue simple et fluide. Des dialogues, mais point trop, la part belle est faite aux personnages, à leurs tourments, aventures et questionnements. Et puis l'Uruguay, pays dont on parle assez peu dans les romans qui est un formidable contexte géographique et historique, puisque Catherine Baldisserri a la bonne idée de placer son roman en pleine révolution des Tupamaros, ces militants d'extrême gauche qui prônaient l'action directe.

Un beau et bon roman qui instruit, de beaux personnages, un pays à découvrir, tout est là pour vous faire aimer La voix de Cabo qui débute ainsi :

"Quand Machado mit pied à terre après une chevauchée de plusieurs jours à travers les forêts d'ombús, les palmeraies puis les hautes dunes blanches qui se dérobaient sous la force harassante du vent de l'Atlantique, il fut accueilli par une gifle magistrale. Elle était plus cinglante que les vents qu'il avait endurés durant son expédition. Plus cuisante aussi. Teresa, dans la fulgurance de son geste, avait libéré toute la rancœur accumulée depuis son départ." (p.5)

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zazy 29/08/2017 12:14

Les toiles de Hopper crient la solitude. Je note ce livre

Yv 29/08/2017 13:23

Celle-ci en particulier je trouve

Alex-Mot-à-Mots 29/08/2017 10:51

Quel paysage en début de roman.

Yv 29/08/2017 13:24

Exact et même après

Aifelle 28/08/2017 11:04

Je ne pense pas avoir lu grand chose sur l'Uruguay. Ce que tu dis de ce roman me tente bien et du coup je pourrais enrichir un peu mes connaissances sur ce pays.

Yv 28/08/2017 15:33

Ce n'est pas un pays dont on parle beaucoup, sans doute trop éloigné, trop petit

manou 28/08/2017 08:37

Un roman dont la 1ère de couverture est superbe et donne envie aussitôt d'en savoir plus...Je dois pas être bien réveillée ce matin, car j'ai mis un moment à réaliser qu'il se passait en Uruguay, pourtant c'est le premier mot de ta chronique !! Mais cela m'a fait rêver...et j'ai déjà traversé l'Atlantique rien qu'à te lire. Très tentant

Yv 28/08/2017 08:40

Il y a des jours comme ça où l'on lit un mot qui ne s'imprime pas... ça ne t'arrivera pas dans ce très bon et beau roman.