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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

Une activité respectable

Une activité respectable, Julia Kerninon, Le Rouergue, 2017....

Alors petite fille de cinq ans, les parents de Julia lui offrent une machine à écrire. Depuis, elle n'a cessé d'écrire, depuis vingt-cinq ans donc, et la romancière aujourd'hui âgée de trente ans, fait une pause et parle de ses parents dévoreurs de livres, de son éducation à la culture et de sa passion dévorante pour la lecture et l'écriture.

 

Après une première rencontre ratée, il faut bien le dire avec cette auteure (Buvard est classé dans un de mes articles désormais célèbres : Ça coince !), je n'ai pas hésité à la relire et bien m'en a pris. Ce petit livre autobiographique est très réussi. Parfois un peu agaçant pour l'homme mûr que je suis, tous les jours confrontés aux changements d'humeur d'adolescents, lorsqu'elle raconte ses débordements et ses excès d'adolescente, souvent touchante et émouvante lorsqu'elle évoque les relations familiales. On peut se demander pourquoi cette jeune femme commence maintenant le récit de sa vie, et puis on ne se pose plus la question très vite, puisque Julia Kerninon a des choses à dire, à écrire. Sur elle, sur ses parents, sur la littérature, sur la vie tout simplement. Et c'est surtout joliment raconté. Un style affirmé souvent fait de longues phrases, lentes, parce qu'elles décrivent la contemplation de la nature, le plaisir de se retrouver seule avec un livre, de partager des moments forts avec sa mère comme lorsqu'elles visitent toutes les deux Paris et la librairie Shakespeare and Company, habillées de manteaux léopard.

Julia Kerninon aborde aussi la question de la création, de l'écriture et de son besoin de se retrouver seule, loin des siens pour écrire. Seule à Budapest, sans beaucoup sortir et se mêler à la vie locale.

Je ne suis amateur de l'autofiction que lorsqu'il y a un plus littéraire, c'est le cas avec Annie Ernaux, Charles Juliet ou Edouard Levé découvert récemment et d'autres bien sûr que j'oublie. Très franchement, Julia Kerninon apporte quelque chose, malgré sa jeunesse, elle fait preuve d'une maturité certaine et d'un recul évident sur son travail mais garde la vivacité, la fraîcheur, la vitalité et une voix personnelle très intéressante. Ce court récit de 60 pages débute ainsi :

"A cinq ans et demi, j'ai passé un contrat avec mon père. Premier compromis d'une longue et fructueuse série, j'ai accepté de ne plus sucer mon pouce en échange d'un aller-retour à la capitale. Pourtant, c'est ma mère qui m'a emmenée -dans mon souvenir en tout cas il n' a qu'elle et moi au moment où elle s'est arrêtée net devant une façade, dans le quartier de Notre-Dame, et m'a fait déchiffrer l'enseigne de Shakespeare and Company."(p.9)

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Valérie 05/03/2017 21:21

J'avais aimé la plume de Buvard mais je n'avais pas été séduite par l'histoire. Tu me donnes envie de retenter.

Yv 06/03/2017 07:13

pareil pour moi, essaie celui-ci on ne sait jamais

Violette 01/03/2017 19:21

tout le monde l'aime celui-là j'ai l'impression !

Yv 02/03/2017 07:38

Moi oui !

Noukette 28/02/2017 18:41

Réjouissant ce texte !

Yv 01/03/2017 07:35

exact

keisha 28/02/2017 08:19

Il va bien me le falloir!

Yv 28/02/2017 09:27

Ah ah, tentée ?

manou 28/02/2017 07:32

Comme quoi il ne faut jamais rester sur un échec...c'est ce que j'essaie de faire aussi. Ce petit livre me tente beaucoup !

Yv 28/02/2017 08:10

Un court texte vraiment à découvrir

Aifelle 28/02/2017 06:56

Acheté samedi, il m'attend !

Yv 28/02/2017 08:10

Très court, il va te plaire