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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

Dans le labyrinthe

Dans le labyrinthe, Sigge Eklund, Piranha, 2017 (traduit par Martine Sgard)...

Une belle banlieue de Stockholm, mai 2010, Magda, onze ans, fille de Martin, éditeur et de Åsa, psychologue disparaît. La police après quelques jours de recherches en vient à soupçonner les parents, notamment le père qui s’emporte aisément. Martin, puis Åsa, à tour de rôle racontent les quelques mois précédant la disparition et ceux qui suivent, puis Tom ami et collègue de Martin et enfin Katja l’amie de Tom et également infirmière scolaire dans l’école de Magda.

 

Je suis à la fois dubitatif, déçu et emballé par ce roman. Déçu et dubitatif, parce qu’il démarre très lentement, que tout peine à s’installer et que l’auteur se noie dans des détails inintéressants qui allongent la sauce sans lui donner de saveur plus épicée. Chacun des quatre intervenants a ses chapitres, d’abord Åsa, puis Tom, puis Martin, puis Katja, cette série dans cet ordre est répétée une seconde fois. Il faut attendre l’intervention de Martin (p.89) pour qu’enfin se dessine quelque chose. Une chose que l’on ne fait encore que ressentir, mais que l’on imagine très différente et surtout plus complexe que ce que l’on pouvait envisager au départ. C’est d’ailleurs la grande force de ce roman -d'où mon côté emballé du départ- que de nous informer par bribes et par recoupement d’informations que l’on glane avec chacun des intervenants. Ils sont tous les quatre liés, ne le savent pas forcément, ne se connaissent pas bien, et chacun a une version des jours qui précèdent la disparition de Magda qui concerne un autre ou plusieurs autres. Ce qui fait que l’on est toujours dans l’incertitude de qui a fait quoi et que l’on se pose beaucoup de questions.

Ces chapitres sont aussi des moments d’introspection profonds, les hommes et les femmes se révèlent, parlent de leur enfance qui, chacune cache une frustration, une douleur vive, difficiles à surmonter. Chacun devient, au fil des pages, de plus en plus complexe avouant ainsi une part de faiblesse, un possible passage à l’acte, plus sombre aussi, à la fois plus simple à comprendre et plus énigmatique.

Mais dans le même temps, le roman est long, si la seconde partie est plus dynamique, que l’on peut enfin s’intéresser aux relations compliquées entre les personnages, la petite Magda semble être oubliée au profit des questionnements adultes. Certes, elle n’est que le prétexte à la construction du roman, mais elle aurait peut-être mérité un intérêt un peu plus grand de la part de l’auteur en lieu et place de ses détails inutiles.

La construction du livre est telle qu’imaginée dans le titre, c’est un labyrinthe dans lequel on peut se perdre et se retrouver, s’ennuyer et quand on trouve la fin être particulièrement heureux et ne penser qu’aux bons moments passés à chercher son chemin.

Un ouvrage noir au possible, à découvrir.

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zazy 18/02/2017 21:52

Je pense que je me serais arrêtée en cours de lecture

Yv 19/02/2017 09:49

Non, dans un labyrinthe, tu ne peux pas t'arrêter sinon tu n'en sors pas

manou 18/02/2017 09:16

Souvent quand on est au milieu d'un labyrinthe, on a envie de baisser les bras...c'est un peu ce que tu nous laisses entendre. Mais on est en effet souvent heureux d'avoir trouvé l'issue qui nous permet d'en sortir. Alors si ce livre croise mon chemin dans les rayons d'une médiathèque je tenterai sa lecture car j'aime aussi découvrir de nouveaux auteurs. Bon week-end

Yv 18/02/2017 13:37

Oui, tu as raison, mais de toutes manières quand tu es au milieu d'un labyrinthe, pour t'en sortir, il faut bien aller jusqu'au bout

La Petite Souris 18/02/2017 07:58

Bonjour. J"ai l'impression que ce roman scandinave n'est pas différent de ce que l'on peut lire habituellement venant de cette région du monde je me trompe? Malgré cette belle chronique je pense que je ne m'attacherai pas à lire celui ci . A bientôt/

Yv 18/02/2017 09:13

Bonjour, disons que le livre n'est pas extrêmement original mais s'il se lit sans passion, il n'est jamais totalement rebutant.