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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

Trésor

Trésor

Trésor, Alecia McKenzie, Envolume, 2016 (traduit par Sarah Schler)...,

Dulcinea Evers, jeune peintre jamaïcaine qui à peine débarquée à New York dix ans plus tôt en est devenue la coqueluche, l'artiste qu'il fallait avoir vue et dont les toiles colorées devaient orner les salons des plus riches Etasuniens, vient de mourir. Son amie d'enfance, Cheryl est chargée de disperser une moitié des cendres dans son île natale et l'autre moitié aux Etats-Unis. Dans l'avion qui l'emmène vers ce pays, elle fait la connaissance de Danny, lui raconte sa relation avec Dulcinea. Puis c'est au tour de tous les gens qui ont croisé la peintre et qui ont compté pour elle de livrer leur version de leur relation.

C'est donc un roman à multiples voix que je viens de finir. Le procédé n'est pas neuf qui permet de brosser le portrait de la disparue par petites touches et grâce à divers points de vue : des amis, des parents, des amoureux transis, des jaloux, autant de gens qui l'aimaient ou qui la détestaient, qui l'admiraient ou qui n'appréciaient pas son travail, ... Mais ce qui est bien dans ce roman, c'est qu'Alecia McKenzie prolonge cette technique en l'appliquant aux différents intervenants : chacun se révèle un peu aussi dans ce qu'il dit de sa relation avec Dulcinea. C'est ainsi que certains secrets ou choses tues se dessinent, en recoupant les témoignages, et petit à petit, le premier chapitre qui est celui du voyage en avion des demi-cendres de Dulcinea s'éclaire d'un nouveau jour. Certains points qui paraissaient anecdotiques prennent de l'importance.

Bien qu'il parle d'une défunte et que chacun s'adresse à elle, le livre n'est pas triste ou sombre. L'écriture d'Alecia McKenzie fait alterner des moments profonds avec des passages plus légers, comme par exemple la description de la nouvelle amie du père de Cheryl : "Grande et maigre à l'extrême, elle avait la peau pâle et des cheveux noirs coiffés en bob, mais son visage dégageait une grande douceur et elle a beaucoup ri quand mon père a fait les présentations. A chaque éclat de rire, nous regardions ses dents ; il y avait là de quoi rendre fier n'importe quel lapin." (p.23). La Jamaïque est aussi très présente, peu décrite si ce n'est par ses ouragans et ses zones rurales et la ville de Kingston mais elle est toujours là en fond, soit réelle soit dans les toiles de Dulcinea. Les couleurs, la musique : Bob Marley bien sûr, Yellowman et d'autres que je ne connais pas (des rappeurs d'après ce que j'ai compris, donc c'est normal que je ne les connaisse point), les différents personnages apportent rythme et énergie à ce roman frais et jeune.

Alecia McKenzie est née à la Jamaique et réside à Paris, elle est journaliste et l'auteure de quatre autres romans d'après mes informations pas traduits en français.

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Envolume 13/05/2016 14:27

Bonjour Yv et merci pour votre chronique.
Quelques précisions concernant les autres publications d'Alecia McKenzie :
Alecia McKenzie est en effet, l'auteure de 4 autres ouvrages : Satellite City, Stories from Yard, Doctor's Orders et When the Rain Stopped in Natland.
Ces ouvrages sont bien inédits en français (pour l'instant), néanmoins, Satellite City et Stories from Yard sont des recueils de nouvelles ; When the Rain Stopped in Natland est un ouvrage éducatif pour enfants et Doctor's Orders est une novella destinée à un jeune public.
Merci encore pour cette lecture attentive et cette chronique fouillée.

Yv 13/05/2016 16:35

Merci de votre passage et de vos précisions qui peuvent servir à celles et ceux qui lisent en anglais.
A bientôt

Alex-Mot-à-Mots 13/05/2016 12:18

J'aime beaucoup les romans choral. Pourquoi pas celui-ci.

Yv 13/05/2016 16:34

alors, c'est pour toi