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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

Nouvel an chinois

Nouvel an chinois

Nouvel an chinois, Koffi Kwahulé, Zulma, 2015...

Ézéchiel est un jeune homme qui vit avec sa mère -sa sœur Sora'shilé a quitté la maison, s'est enfuie vers la Drôme-. cité Popincourt, Paris XI°, quartier cosmopolite qui voit sa population chinoise augmenter. C'est le jour du nouvel an chinois que Guillaume-Alexandre Demontfaucon choisit de revenir dans ce quartier de son enfance. C'est le voisin d'Ézéchiel, un homme au passé trouble qui flirte avec la mère du jeune homme et qui hurle à ses fenêtres son racisme et sa haine des Chinois. Cet homme va bouleverser la vie du quartier. Ézéchiel qui ne bougeait plus de chez lui va ressortir grâce à la jolie dentiste Melsa Coën qui peuple ses rêves ; le jeune homme veut la revoir.

Étrange livre que voilà. Difficile de se frayer un chemin balisé entre les rêves, les fantasmes, les délires, la réalité -fictionnelle- de la vie d'Ézéchiel. Je pourrais résumer mon impression par un dialogue du livre lorsqu'Ézéchiel lors d'une soirée dit qu'il lit un roman africain :

"Vous aimez ?

Je ne comprends pas tout. (...) Ça parle d'identité... (...) C'est marrant, enfin je veux dire joyeux. Un peu compliqué parfois, mais ce n'est pas grave. Parce que le vrai sujet du roman, c'est la langue. Parler comme si on faisait l'amour. Ça doit être compliqué d'écrire aussi simplement." (p.138)

Ce roman entre le rêve et la réalité est écrit dans un style étonnant, Ézéchiel en est le narrateur, qui passe du "je" au "il" sans que cela ne gêne le lecteur qui s'y retrouve toujours. Certaines pages sont néanmoins déconcertantes, d'autres absolument magnifiques.

Une histoire elliptique, très imagée, notamment lorsque pour évoquer la masturbation, Koffi Kwahulé parle de prière ou de méditation, une métaphore qui dure jusqu'à la fin du roman : "Aussi ses séances où le plaisir était constamment différé constituaient-elles à ses yeux une prière. Une prière à lui-même adressée. Une profonde méditation. Plus la séance durait, plus la jouissance et surtout le sperme lui paraissaient de meilleure qualité. Au fond de lui-même, depuis la découverte de cette maîtrise de soi, cette recherche d'équilibre, Ézéchiel se considérait comme un moine des temps modernes. Certains jours, Ézéchiel priait plus que de raison." (p.28)

Je ne connaissais pas l'auteur, qui écrit là son troisième roman mais qui est plus connu pour ses nombreuses pièces de théâtre ; une découverte marquante.

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zazy 30/03/2015 21:21

Un africain qui parle d'un quartier chinois !! certainement à découvrir (comme toujours chez Zulma)

Yv 31/03/2015 07:22

tu as raison, c'est à découvrir

Hélène 30/03/2015 09:06

Guère encourageant...

Yv 30/03/2015 11:05

Un livre pas toujours facile, mais qui vaut le coup qu'on y passe un moment

Bernhard Lorenz 30/03/2015 08:52

J'adore la phrase "parler comme si on faisait l'amour"...... Merci pour cette critique !

Yv 30/03/2015 11:04

C'est un langage très imagé, très beau

keisha 28/03/2015 13:50

Sympathique, le commentaire de Sandra G. (oui, je lis tout!)
Bon, un Zulma bien pétant. Nationalité de l'auteur? Pas chinois, non.AAAAAh , ivoirien!

Sandra Ganneval 28/03/2015 12:39

Bonjour, Yv, chaque fois que je reçois une alerte concernant un nouvel article sur votre blog, je suis effarée. Mais comment faites-vous pour lire autant de livres et en faire de telles chroniques ? Je suis bluffée à chaque fois. Un petit mot en passant de quelqu'un dont vous aviez eu la gentillesse de lire le premier roman, il y a quelques petites années, maintenant. Très cordialement. Sandra

Yv 28/03/2015 13:35

Bonjour Sandra, oui, je me souviens de SOS Flemmards. Il n'y a pas de secrets, je lis vite et je m'aménage du temps pour cette activité dans ma journée, je travaille à la maison, ça aide... Je ne regarde que peu la télévision, et je n'écris pas, contrairement à vous.
Bien cordialement,